Stress et réflexologie plantaire : écouter les signaux du corps

Quand le stress s’installe… comment le corps nous le fait-il savoir ?

sanchez-lucie Par

Quand votre corps commence à vous envoyer des messages… encore faut-il savoir les entendre.

Dans un précédent article, je vous invitais à écouter votre corps. Mais encore faut-il savoir ce qu’il cherche à nous dire…

Car lorsque le stress s’installe, le corps peut lui aussi commencer à s’exprimer. Parfois discrètement. Parfois beaucoup moins.

On connaît tous le stress ponctuel : une échéance, un imprévu, un événement important… Le corps se mobilise, puis revient normalement à son fonctionnement habituel.

Mais lorsque le stress s’installe dans la durée, les choses peuvent être différentes. Il peut se glisser dans le quotidien et modifier peu à peu notre façon de dormir, de respirer, de manger, de récupérer ou même de réagir aux petites choses.

Et parfois, on ne se dit pas : « Je suis stressé(e). »

On se dit simplement :

« Je suis fatigué(e). »
« Je dors mal en ce moment. »
« J'ai les épaules complètement bloquées. »
« Je suis à cran. »

 

Le stress, ce n'est pas toujours ce que l'on imagine

Je ne vais pas vous faire une définition du stress, version Wikipédia. Ces informations, vous les retrouverez justement sur de nombreux supports.

Je vais plutôt vous parler des différentes facettes qu'il peut avoir. Car il n'existe pas une seule façon d'être stressé.

Dans notre société, le stress est souvent perçu très négativement, avec des effets que l'on nous présente parfois comme dévastateurs. Pourtant, il peut aussi avoir une part bénéfique, voire même stimulante.

C'est ce que l'on appelle le stress positif. Il peut stimuler la mémoire, la créativité et même la motivation.

Ce stress-là est ponctuel. Il est souvent lié à des événements précis : un entretien d'embauche, un mariage, un spectacle dans lequel vous êtes acteur, un examen à passer…

Il est alors perçu comme un défi à relever, plutôt que comme un ennemi.

Il y a aussi le stress qui apparaît lors de périodes particulièrement chargées. On le retrouve notamment dans le travail :

les fins d'année avec les bilans à clôturer,
les périodes d'événements comme la Fête des Mères, la Fête des Pères, Noël, la Saint-Valentin, le 8 mars, les soldes…

Là encore, il reste essentiellement de courte durée. Une fois la période passée, la pression retombe.

Et puis il y a un stress qui devient plus présent, plus difficile à faire redescendre.

Une pyramide d'événements qui s'accumulent. Une contrariété, puis une autre, une difficulté, une fatigue… Le vase se remplit, petit à petit, jusqu'à commencer à déborder.

C'est celui-là qui peut finir par poser problème.

Et là encore, nous ne réagissons pas tous de la même manière.

Certaines personnes vont devenir agitées, avoir du mal à tenir en place ou à décrocher. D'autres vont au contraire devenir très silencieuses, ressentir le besoin de s'isoler ou de se mettre un peu à l'écart.

Quand le corps reste en mode « vigilance »

Face au stress, le corps peut se mettre en état d'alerte et se manifester de différentes façons.

Mais là encore, nous ne sommes pas tous égaux face au stress. Notre vécu, notre sensibilité, notre âge, notre capacité à prendre du recul, mais aussi notre environnement vont influencer notre façon de réagir.

Et puis il y a ce que j'appelle volontiers notre petit point faible. Parce que oui, je crois que nous en avons tous un.

Chez certains, ce sont les épaules et la nuque qui vont rapidement se tendre. La mâchoire se serre, le dos se contracte, les mains deviennent crispées… Parfois, on ne s'en rend même pas compte avant que le corps nous rappelle qu'il est là.

Chez d'autres, c'est plutôt du côté de la digestion que les choses vont se manifester. Le ventre peut devenir plus sensible, les habitudes alimentaires peuvent changer et, lors de périodes de stress importantes ou prolongées, certaines personnes peuvent modifier leur façon de manger ou chercher à apaiser leur tension par différents comportements.

La respiration aussi peut changer.  Stress 1

Elle peut devenir plus courte, plus rapide, entrecoupée de soupirs. On respire, bien sûr… mais sans forcément avoir l'impression de vraiment souffler.

Et puis il y a le sommeil. Difficulté à s'endormir, réveils nocturnes, sommeil moins récupérateur… avec parfois ce cerveau qui, au moment précis où l'on aimerait qu'il se taise, décide de ressortir toute la liste des choses à penser.

Le stress peut également avoir une place dans notre façon de fonctionner au quotidien. Fatigue persistante, irritabilité ou changements d'humeur, difficulté à se concentrer, sensation d'être saturé par les sollicitations, envie de s'isoler… et parfois même une baisse de la libido.

Tout cela ne signifie évidemment pas que chaque tension, chaque mauvaise nuit ou chaque baisse de moral est due au stress.

Mais lorsque plusieurs de ces changements apparaissent, se répètent ou s'installent dans le temps, ils peuvent nous inviter à nous interroger sur ce que nous traversons.

Le stress ne s'arrête pas à la porte de la maison

Il devient votre compagnon de route, partout où vous allez.

Soyons clairs, il touche de plein fouet vos nerfs. Au départ, avec parcimonie, vous êtes peut-être cette théière qui commence doucement à siffler sur le feu… puis, au fil des jours, vous finissez en véritable cocotte-minute, prête à exploser ou à imploser. 

Tout devient alors beaucoup plus difficile à supporter.

L'automobiliste qui n'avance pas au feu rouge.
La seule file d'attente qui, évidemment, semble bloquée.
Les chaussettes que votre mari laisse traîner par terre, parce qu'apparemment, il n'a toujours pas découvert l'existence de la panière à linge.

Pris séparément, ces petits désagréments ne mériteraient probablement pas autant d'attention. Mais lorsque la pression est déjà bien présente, la moindre goutte peut faire déborder le vase.

C'est l'exemple classique de la montée en pression pour une chose finalement insignifiante.

Et parfois, ce n'est même plus une chose précise qui vous agace.

Les bruits, les demandes, les messages, les imprévus… Une véritable overdose de tout.

L'origine du stress peut être diverse : le travail, la famille, les amis, le voisinage… Autant de situations dans lesquelles il n'est pas toujours possible d'exprimer ce que l'on ressent sur le moment.

Alors on prend sur soi. On continue. On gère.

Jusqu'à ce que l'impatience s'installe, que l'irritabilité augmente, que tout semble urgent et que la moindre sollicitation devienne difficile à supporter.

On peut aussi avoir davantage besoin de tout contrôler, avoir du mal à prendre une décision ou, à l'inverse, avoir simplement envie de s'isoler et de ne plus rien gérer du tout.

Le problème, ce n'est donc pas forcément l'événement qui vient de se produire. Il peut simplement être la goutte de trop.

Et si la fatigue n'était pas seulement… de la fatigue ?

J'utilise souvent cette image, très ludique et parlante, auprès de mes clients : le cerveau est le chef d'orchestre, et les organes et les glandes sont les musiciens.

Un chef d'orchestre détendu jouera une magnifique symphonie. S'il est sur les nerfs, stressé, ses gestes seront décousus, les musiciens seront perdus… et une cacophonie en sortira.

Une période stressante peut être énergivore. Tout votre être est en hyperactivité constante. Le corps ne se repose pas, le cerveau non plus. Il leur est demandé de fonctionner en continu.

Même les machines ont besoin de périodes de recharge. Sur le papier, tout paraît simple. Dans le quotidien, cela ne l'est pas forcément.

Vous ne vous autorisez pas ce bouton OFF, par pudeur, par l'éducation que vous avez reçue, où il était parfois presque proscrit de flancher. Ou encore par cette société qui pousse sans cesse les personnes à se dépasser, à se surpasser, à se presser comme des citrons.

Et puis il y a les discours bien intentionnés de l'entourage :

« Tu es forte, tu vas t'en sortir. »

Une phrase qui se veut rassurante, mais qui peut aussi devenir une injonction à continuer de tenir. À force de l'entendre, vous finissez par ne plus vous autoriser à dire que vous n'en pouvez plus.

Cette pseudo-force vous enferme et vous ensevelit un peu plus chaque jour.

À force d'être perçues comme fortes, certaines personnes finissent par traverser leurs combats seules. Année après année, elles continuent d'avancer, parce qu'elles savent le faire, parce qu'elles n'ont pas le choix, parfois.

Jusqu'à se retrouver épuisées, sans même avoir appris à demander de l'aide. Ou simplement parce que cela ne leur a jamais été proposé. 

C'est un constat que j'ai pu faire au fil de mes 16 années d'échanges avec chacun de vous.

Vous finissez alors avec l'impression de ne pas avoir fait grand-chose physiquement et, pourtant, d'être épuisé.

Se reposer n'est pas toujours la même chose que récupérer.

Stress 2

Quand le corps dit « stop »… mais qu’on continue

Le stress s'installe progressivement, rendant parfois les signaux plus difficiles à repérer. Il n'est pas toujours facile de remarquer un changement lorsqu'il s'est installé petit à petit.

« Je dors mal depuis quelques jours. »
« J'ai toujours mal aux épaules. »
« Je suis toujours fatiguée. »
« Je suis comme ça en ce moment. »

De l'état exceptionnel, ils deviennent peu à peu la normalité.

Vous ne prenez pas forcément conscience que vous fonctionnez en pilote automatique.

Vous continuez à travailler, à faire les courses, à vous occuper des autres, à gérer la maison…

Vous finissez par ne plus savoir si cet état est passager ou si vous avez épuisé vos réserves.

On ne réagit pas tous de la même façon au stress et on n'a pas tous les mêmes signaux d'alerte.

Une personne va mal dormir, une autre avoir les épaules tendues, une autre avoir le ventre noué, une autre devenir irritable, une autre ressentir surtout une grande fatigue.

Et certaines personnes peuvent cumuler plusieurs manifestations.

Le plus déroutant, c'est parfois de s'habituer à ce qui, au départ, ne devait être que temporaire.

Lorsque la pression devient trop importante, que peut-on faire ?

Il n'y a pas de solution miracle, surtout quand on n'a pas conscience qu'il y a un problème.

Je dis souvent à mes clients que la pire des émotions est la frustration. Il existe des trucs et astuces pour détourner les choses sans ressentir cette frustration.

Car si vous vous obligez à mettre des actions en place, elles ne tiendront probablement pas dans la durée.

Quelques pistes simples.

Nous avons tous des hobbies, des activités qui nous tiennent à cœur. Il est possible de les utiliser pour nous permettre de ralentir et de prendre de vraies pauses.

Certains utiliseront le sport pour évacuer le trop-plein, s'aérer, se retrouver seul avec soi-même et avec la nature. D'autres auront une âme plus artistique et se réfugieront dans l'écriture, la peinture…

Quel que soit le moyen choisi, l'essentiel est de trouver une activité qui vous corresponde et vous fasse du bien.

Et parfois, ce qui fait du bien n'a rien de spectaculaire.

Lire quelques pages. Jardiner. Écouter de la musique. Marcher. Prendre un café tranquillement. Ne rien faire pendant quelques minutes.

Il ne s'agit pas de rajouter une nouvelle tâche à votre liste déjà bien remplie, mais plutôt de trouver ce qui vous permet réellement de souffler.

Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être complètement épuisé pour commencer à prendre soin de soi.

Et la réflexologie dans tout ça ?

La réflexologie peut offrir un temps de pause, de détente et de recentrage, dans une période où l'on a parfois du mal à s'accorder ce temps soi-même.

Elle ne fait pas disparaître les causes du stress et ne remplace évidemment pas un suivi médical lorsqu'il est nécessaire. Elle peut en revanche offrir un espace pour ralentir, relâcher les tensions et permettre de prendre un moment pour soi.

Ce que j'ai pu constater durant mes séances, c'est un relâchement progressif.

Les personnes qui sont très sollicitées dans leur quotidien peuvent rester en état de vigilance pendant les premières minutes. Puis, peu à peu, leur respiration devient plus calme.

Le simple fait d'être allongé, sans avoir d'activité à faire, peut les amener progressivement à se relâcher. Parfois jusqu'à trouver le sommeil pendant la séance… voire à ronfler.

Et finalement, pourquoi pas ? Après tout, si le corps profite du moment pour récupérer un peu, je ne vais pas lui en vouloir.

Ce que j’observe aussi en séance, c’est que chacun se détend à sa manière. Certaines personnes ont besoin de parler avant de pouvoir se poser. D’autres préfèrent le silence. Certaines s’endorment, d’autres restent parfaitement éveillées.

Il n’y a pas une bonne façon de se détendre. L’essentiel est peut-être simplement de trouver celle qui nous convient, à ce moment-là.

Se taire si ça doit les satisfaire.

Parler si ça doit les apaiser.

Conclusion : le corps ne crie pas toujours, il murmure parfois

Le stress ne se manifeste pas toujours de façon spectaculaire.

Parfois, il se glisse simplement dans notre quotidien : une mauvaise nuit, des épaules tendues, une impatience inhabituelle, une fatigue qui s'installe…

Aucun de ces signes, pris isolément, ne permet de dire « c'est le stress ».

Mais lorsqu'ils deviennent familiers, ils peuvent nous inviter à nous poser quelques questions.

Pas pour chercher un problème derrière chaque sensation.

Simplement pour se demander si, peut-être, notre corps essaie de nous dire quelque chose.

Et parfois, l'écouter commence simplement par s'arrêter quelques instants.