Nous entendons régulièrement parler de l'importance de bien s'hydrater. À force de chiffres, de recommandations et de rappels, cela peut pourtant finir par transformer un besoin naturel en objectif à atteindre.
Et soudain, boire devient une contrainte.
La grosse bouteille posée devant soi ressemble alors davantage à un compteur qu'à une aide :
« Il faut que je la termine. »
Il y a plusieurs années, j'ai reçu une dame en séance pour des problèmes de lombalgies récurrentes.
Au cours de la séance, une particularité de son pied a attiré mon attention. Je lui ai demandé, simplement par curiosité, si elle buvait suffisamment.
Sa réponse m'a amusée :
« Oui. Je dois boire un verre d'eau en plus de mon thé le matin. » 
Elle m'a expliqué que l'idée de devoir venir à bout d'une bouteille d'un litre et demi ne lui donnait absolument pas envie :
« Me retrouver devant une bouteille de 1,5 litre à boire, ça ne me motive pas du tout. Et quand je bois, après, je passe mon temps aux toilettes ! »
Je lui ai alors proposé de changer simplement d'échelle : plutôt que de penser à une grande bouteille à terminer, pourquoi ne pas commencer par une petite bouteille de 25 cl ?
Elle a essayé. Petit à petit, elle a augmenté les quantités et m'a dit avoir recommencé à ressentir la soif.
Quelques mois plus tard, je l'ai croisée par hasard. Elle se promenait désormais avec sa bouteille, devenue presque indispensable.
Elle m'a également raconté que ses douleurs lombaires avaient disparu. Je ne saurais évidemment pas dire ce qui avait permis cette amélioration. Mais son histoire m'est restée en tête pour une autre raison : parfois, modifier notre manière d'aborder une habitude suffit à la rendre beaucoup plus facile à intégrer.
La façon dont nous nous représentons un objectif peut suffire à nous décourager avant même d'avoir commencé.