Écouter son corps : comment mieux comprendre ses signaux ?

Écouter son corps : facile à dire… mais comment faire ?

sanchez-lucie Par

Avoir une famille et un travail est synonyme de gestion des personnes et des situations. S'occuper des autres amène très souvent à s'oublier, ne pas s'écouter.

L'éducation joue également un rôle important.  Dans certaines familles, se plaindre, s'exprimer tout simplement, est proscrit. Donc, les personnes avancent coûte que coûte, et ne perçoivent pas les signaux de leur corps. L'expression " tirer sur la corde " y a toute sa place. À trop la solliciter, l'user, celle-ci, craque. 

Écouter les signaux n'est pas synonyme d'hypocondrie. 

Écouter les signaux du corps permet de prendre conscience que votre être connaît des perturbations. 

Cet article va vous permettre de les déceler. 

« Ça va ? » — vraiment ?

Il est bon de reprendre les choses à leurs origines. Demander à une personne comment elle va  signifie avoir de l'intérêt et de la bienveillance pour elle.

Au fil du temps, elle est devenue pour beaucoup une phrase classique, un réflexe de politesse, sans que l'on s'intéresse forcément à la réponse.

D'autres répondront instantanément Ça va ,

  • par pudeur,
  • par peur du regard de l'autre 
  • pour éviter de développer et faire face à leurs problèmes

Je vous parle ici de la réponse verbale. Mais l'être humain ne se résume pas à ce qu'il dit.

La gestuelle, les expressions faciales, le non verbal est même le plus révélateur, quand on veut bien s'y attarder. 

Savez-vous réellement identifier ce que vous ressentez ?

La langue française est très vaste et très précise. Il est pourtant parfois difficile de mettre des mots sur vos ressentis.

D'autant plus qu'il y a le conscient et l'inconscient, ce que vous pensez gérer et ce que vous gérez reellement, dans votre for intérieur. 

C'est là qu'entrent en jeu les signaux du corps, mais également les expressions verbales que vous allez utiliser.

Le corps parle aussi

Le corps humain est très bien fait. Notre cerveau analyse en permanence ce que nous vivons et notre organisme réagit à ce que nous percevons. Il y a cependant l'envers du décor : la gestion de ces émotions. Elle est variable en fonction des personnes, de leur vécu, de l'état de fatigue et émotionnel du jour. Autant de facteurs  qui peuvent modifier les retombées sur votre corps. Une panne d'essence , un jour où vous avez bien dormi et passé une bonne journée ne sera pas vécue de la même façon qu'une journée suivant une insomnie et une altercation avec un collègue.

Je remarque souvent que le corps peut s'exprimer à la suite d'une perte de contrôle des situations.

Une irritabilité naissante, une respiration qui se modifie, des épaules qui se crispent, une mâchoire qui se serre, un ventre noué, des périodes d'insomnie… Nous connaissons tous ces petites manifestations, sans forcément leur accorder d'importance.

Et parfois, ce sont les autres qui les remarquent avant nous.

« Tu as l'air fatigué. »

« Tu es tendu aujourd'hui. »

« Tu n'as pas l'air d'aller bien. »

Ces petites phrases peuvent nous agacer, nous étonner ou nous faire prendre conscience de quelque chose que nous n'avions pas remarqué nous-mêmes.

Parce que nous sommes souvent beaucoup plus attentifs à ce que nous avons à faire qu'à ce que nous ressentons.

J'ai pu constater que ces signaux ont une localisation très aléatoire. Chacun fait face à ses émotions de façon différente. Certaines personnes auront des migraines, d'autres auront des douleurs lombaires, cervicales, digestives ou des manifestations cutanées. Mon constat est que nous avons tous une zone de fragilité, que je nomme notre talon d'Achille.

Déceler votre faiblesse peut vous permettre d'être vigilant quand elle apparait. 

Le corps parle

Des mots pour déceler des maux

Nos expressions verbales ne sont pas innocentes. 

Qui n'a jamais dit, un jour 

  • Ça me prend la tête
  • Je ne desserre pas les dents
  • J'en ai plein le dos
  • J'ai du mal à le digérer
  • Je ne me sens pas épaulé
  • Ça me casse les pieds 

Toutes ces expressions peuvent être une façon de mettre des mots sur ce que notre corps nous fait ressentir, une voie détournée que l'esprit emprunte parfois pour mettre le doigt sur ce qui ne va pas.

Quand le corps et l'esprit s'expriment ensemble

La somatisation est un mot qui a parfois pris un sens très péjoratif dans notre société.

Pourtant, elle traduit quelque chose de beaucoup plus simple : notre corps et notre esprit ne sont pas deux mondes séparés. Une période difficile, une émotion que l'on garde pour soi, un stress qui s'installe peuvent aussi avoir des répercussions sur notre façon de nous sentir physiquement.

Nous avons tous, un jour ou l'autre, ressenti ce genre de choses.

Qui n'a jamais eu « le ventre noué » avant un événement important ? Qui n'a jamais senti son cœur s'accélérer sous l'effet d'une émotion, ou sa respiration se modifier dans une situation stressante ?

La médecine traditionnelle chinoise possède également sa propre lecture du lien entre les émotions et le corps. Elle associe traditionnellement certaines émotions à différents organes : la colère au foie, la tristesse aux poumons, l'inquiétude à l'estomac, la peur aux reins ou encore la joie au cœur.

Ces correspondances appartiennent à cette tradition et constituent une grille de lecture particulière du corps et des émotions.

Dans ma pratique de réflexologue, je m'intéresse surtout à ce que la personne vit et à ce que son corps peut exprimer. Il ne s'agit pas de chercher systématiquement une cause à chaque sensation, mais d'être attentif aux signes qui peuvent nous amener à nous questionner.

L'émotionnel nous parle parfois beaucoup plus que nous ne le pensons.

Ce que j'observe dans ma pratique

Au fil des années, l'observation des signes exprimés par le corps est devenue une part importante de mon travail de réflexologue.

Les échanges avant la séance sont essentiels. Ils me permettent de mieux comprendre la personne qui se trouve devant moi : ce qu'elle vit, ce qu'elle ressent, ce qu'elle traverse parfois sans même en avoir pleinement conscience.Livre​​​​​​​

Je compare souvent une personne à un livre. Pour savoir si un livre est intéressant ou attrayant, on ne s'arrête pas à sa couverture : on​​​​​​​ l​​​​​​​'ouvr​​​​​​​e. ​​​​​​​

C'est un peu la même chose avec une personne.

La façon de parler, les mots employés, la posture, les expressions du visage, les silences… Tout cela peut apporter des informations, à condition de prendre le temps de les observer et de les entendre.​​​​​​​

Un jour, une dame m'a dit à la fin d'une séance :

« Vous n'êtes pas un peu médium, vous ? »

Cela m'a fait sourire… et m'a aussi un peu chagrinée.

Je lui ai simplement répondu qu'il n'y avait rien de médium là-dedans. Il suffit parfois de vraiment voir et d'entendre une personne, plutôt que de simplement la regarder et de l'écouter succinctement.

C'est aussi pour cela que je prends le temps d'échanger avant une séance.

Parce que derrière un « ça va » peuvent parfois se cacher beaucoup de choses.

Et apprendre à écouter son corps commence peut-être tout simplement par là : prendre le temps de s'écouter soi-même.

Et moi, est-ce que j'écoutais mon corps ?

J'échange énormément avec mes clients, depuis 16 ans. Vous vous livrez totalement à moi, vos pieds, votre dos, vos maux physiques et émotionnels. Vous déposez tout, sans crainte ni jugement.

Pour clôturer cet article, je souhaitais vous faire part de mon expérience sur le sujet.

Les praticiens sont aussi vulnérables 
Durant la majeure partie de ma vie, je me suis occupée des autres, autant sur le plan personnel, que professionnel ou associatif.  J'ai capté toutes leurs émotions et j'avais des difficultés à prendre du recul face aux injustices, à l'irrespect. J'ai accumulé, au fil des années, bon nombre de soucis de santé. Avec le recul, je me suis beaucoup interrogée sur ce que mon corps cherchait peut-être à me dire.

Mon expérience d'aide-soignante et de réflexologue, ainsi que tous les échanges que j'ai eus avec chacun d'entre vous, m'ont permis de vous amener à vous interroger, mais m'ont aussi amenée à me questionner à mon tour. Pourquoi tant de douleurs et de maux ? 
Après ce jour où j'ai réellement réussi à dire STOP, où j'ai fait passer mes envies avant celles des autres et où les limites de mon "intolérable" avaient été dépassées, j'ai entrepris un grand nettoyage de printemps dans mon entourage. Avec le temps, certains des symptômes qui m'accompagnaient se sont atténués, certains ont même disparu.
Ma conclusion
À force de vouloir prendre les chemins de traverse, on finit par se perdre.
La somatisation peut parfois être l'une des expressions de ce « hors-piste ».
Penser à soi ne signifie pas être égoïste.
Aider les Etres humains fait parfois oublier que nous en sommes Un aussi 

Écouter son corps ne signifie pas chercher une maladie derrière chaque sensation.
Cela signifie simplement commencer à prêter attention à ce qu'il nous dit.